Jean-Michel Perron - Le blogue  Jean-Michel Perron

Classé dans : Enjeux touristiques — Jean-Michel Perron @ 5 h 32 min

 

Ne tombons pas dans le piège de se doter dans les prochaines années de normes québécoises pour faire reconnaître les entreprises, les villes ou les régions qui se démarquent en écologie ou en tourisme durable.

De même, les PME touristiques ne doivent pas adhérer à des normes de tourisme responsable, durable pour des raisons économiques sinon vous serez déçus !

Pourquoi une norme ? Déjà, pour les touristes internationaux, de ne pouvoir facilement reconnaître les classifications hôtelières d’un pays à l’autre ou pire d’une région à une autre (le Québec avec ses étoiles et les autres provinces canadiennes avec  Canada Select) ne rend pas service aux voyageurs alors qu’il faudra tôt ou tard reconnaître les entreprises qui respectent vraiment l’environnement, ses employés, les habitants et la culture de la localité où elles se trouvent. Pourquoi ce sera nécessaire ? Parce que les touristes vont vouloir savoir qui dit vrai ou faux à ce chapitre et seules des normes sérieuses et auditées  par un organisme externe à tous les deux ans vont pouvoir faire le travail. 

Lors du 1er forum national sur le tourisme responsable tenu du 11 au 13 juin dernier à Chambéry, un des ateliers portait sur la certification au niveau des nouveaux tourismes (écotourisme, tourisme responsable, équitable,etc…).  La certification principale dans les 27 pays européens est l’Écolabel européen ou en France la  « marque NF » ce qui est la même chose.  Ça date de 1992. Il y a 50 écolabels dans différents secteurs d’activités économiques dont deux en tourisme (camping et hébergement).

Seules 90 entreprises (dont 16 camping) en France sont «  Ecolabel  », accréditées par l’organisme Afnor. Il en coûte à tous les deux ans 300 euros pour un camping et jusqu’à 3 500 euros pour un grand hôtel. Le cahier de charge porte principalement sur le volet environnemental du tourisme durable. Donc peu sur l’économique et le social. Quelques normes ?  Devoir utiliser 50% d’énergie renouvelable, former son personnel sur ces normes, les débits d’eau, etc… L’Italie est le pays qui a, et de loin, le plus d’entreprises touristiques « écolabelisées  » (les italiens ont une longue tradition de certification) et les Scandinaves sont les moins présents car ils s’étaient déjà dotés de normes strictes (à ce propos, les normes de la chaîne d’hôtels Skandic est un modèle depuis plus de 10 ans déjà…).

Il faudrait qu’au Québec, au lieu de réinventer la roue, on adapte les normes de la Communauté européenne en fonction de notre réalité afin  que ça puisse être comparable pour les touristes. Mais surtout, comme l’expérience du tourisme est  une combinaison de points de contacts (accueil, hébergement, transport, restauration, services, etc.),  il faut dès maintenant surveiller l’expérience  entreprise par l’organisme français  Territoires Responsables qui va labelliser les régions de France et qui à mon  avis, si l’application est réaliste, va mieux rendre service aux visiteurs par la mise à niveau en tourisme responsable de l’expérience touristique offerte.

L’expérience des entreprises françaises (voyagistes et hôtels) nous apprend que les retombées ne sont pas directement économiques (amener plus de clients pour qui la certification est importante)  mais plutôt aux niveaux de la satisfaction comme entrepreneur à changer le monde touristique et de la motivation des employés de faire partie d’une firme écoresponsable.  Avec la rareté à venir du personnel qualifié, cette seule raison peut justifier d’adhérer à des normes contraignantes…

En terminant, voici la réponse du ministre du Tourisme de France à une question du Journal de l’Eco-Tourisme : Comment voyez-vous l’avenir du tourisme durable ?

Hervé Novelli:  » L’industrie touristique pèse aujourd’hui près de 7% du PIB et représente le premier poste excédentaire de la balance des paiements de la France.C’est un secteur qui va, à l’échelle mondiale, doubler dans les 20 prochaines années et donc générer des flux potentiels importants pour notre territoire. Derrière ces flux, il ya évidemment des emplois, des services à organiser, des entreprises à créer  mais aussi un modèle qualitatif à organiser et une ingénierie à diffuser en matière d’éco-conception et d’éco-gestion. « 

Effectivement, on parle ici de la qualité du tourisme qu’on veut se donner…

À vous de jouer!

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