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Classé dans : Développement du produit touristique, Tourisme autochtone — Jean-Michel Perron @ 5 h 31 min

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La rivière George au site Mashua-Nipi, entre taïga et toundra

 

Localisation du Mashua-Nipi dans le cercle rouge au Nunavik, tout près du Labrador

Localisation du Mushuau-Nipi dans le cercle rouge au Nunavik, tout près du Labrador

La semaine dernière, j’ai participé à un séminaire portant sur la protection du territoire et les revendications autochones. Le tourisme autochtone est l’une de mes passions depuis 10 ans…et malgré le prix élevé (4 000$), je ne pouvais manqué cette occasion.  Le Mushuau-Nipi, c’est un secteur de la rivière George, localisé au Nunavik où depuis des millénaires les Innu, les Cri et les Inuit se rencontraient pour la chasse aux caribous. Pour s’y rendre, j’ai pris Air Inuit de Québec à Shefferville (2h30) en Dash-8 avec un vrai repas à bord (American Airlines de Montréal à Honolulu via Houston en juin dernier n’offrait rien) et ensuite un Beaver (1h20 minutes) jusqu’à ce site vraiment exceptionnel. On était reçu par Serge Ashini-Goupil.On a mangé (et ils ont capturés) du saumon, d’immmenses truites grises, des outardes, de la perdrix et une jeune caribou qui a tenté de traverser la rivière comme les 375 000 autres caribous de la rivière George qui circulent dans le coin.  Cette rivière  est maintenant protégée contre tout développement hydroélectrique (mais pas les mines, le site Mushuau-Nipi est sur  » claim » d’uranium!!!…).  

Dans mon tipi, faut le faire: un député bloquiste, un libéral provincial et un péquiste …des échanges fort respectueux ! Il y avait le  » chef des chefs «   Ghislain Picard de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), l’Institut du Nouveau-Monde, Greenpeace, la Fédération des Pourvoyeurs avec son p-d-g Marc Plourde, etc. À souligner, la visite émouvante de Louis-Edmond Hamelin, 86 ans, un personnage unique, profond, qui a marqué et marque encore le Nord du Québec et du Canada dans son entier.  Il a, entre autres, fondé le Centre d’études nordiques de l’ Université Laval.  

Ghislain Picard, Grand chef et Louis-Edmond Hamelin au site Mashua-NIpi le 14 août 2009

Ghislain Picard, Grand chef et Louis-Edmond Hamelin au site Mushuau-Nipi le 14 août 2009

 

Et le tourisme dans tout ça ? Ce site représente parfaitement le défi du tourisme en région éloigné (le coût d’accès prohibitif & la faible fréquence) et le potentiel du tourisme autochtone lorsqu’il est bien exécuté. Sur ce dernier point, je vous recommande de lire un carnet que j’avais écrit en octobre 2006  et qui demeure je crois d’actualité.  Le tourisme autochtone au Québec, c’est l’oeuf ou la poule. Il pourrait être un fort produit d’appel pour l’ensemble de l’industrie touristique du Québec mais le produit est quasi absent et souvent mal livré par les autochtones eux-mêmes. Obtenir des fonds pour soutenir sérieusement son développement est plus difficile que pour les                 » blancs  » me confirme encore mes expériences récentes à Manawan et à Uashat à titre de consultant.  J’ai bien hâte de voir la future stratégie du développement du produit autochtone commandée par Tourisme Québec car il est très facile dans ce secteur d’élaborer de savantes actions mais qui ne tiennent pas compte de leur réalité, celle des amérindiens, les peuples invisibles ou le monde  » parallèle  » comme je le nomme car au Québec on agit comme s’ils n’existaient pas. Il faut donc à tout prix éviter d’être un bon tuteur qui va encore une fois leur dire quoi faire…

À vous de jouer!

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2 commentaires

  • Guillaume Morin

    Le tourisme nordique a encore beaucoup de croute à manger avant de pouvoir prendre son envol. Pour avoir fait des aventures telles que la descente de la rivière Magpie, de la rivière Moisie et récemment la rivière Aguanus sur la Côte-Nord du Québec, je peux affirmer que ces territoires sont réservés à une certaine élite sportive. La difficulté, de vivre et de circuler dans ces territoires limite le marché touristique à une poignée d’adeptes autonomes sans besoin d’encadrement touristique. Dans ces conditions, il est difficile de construire une industrie reposant sur un encadrement humain et authentique.
    Pour donner une chance à l’industrie, il faut investir dans les structures d’accès. Le transport est le secteur touristique qui freine le plus le développement. La flotte d’avion de brousse n’a pas été renouvelée depuis les années soixante-dix. L’offre est limitée par le coût astronomique des appareils qui ne sont plus fabriqués depuis trente ans, rendant ainsi les destinations Nordique non compétitive sur les marchés mondiaux. Le tourisme canadien semble se frapper à un produit d’aventure romantique provenant d’une autre époque.
    Les gouvernements sont prêts à investir dans les ports d’escale, pourquoi pas dans notre aviation de brousse? Pour une fois, si l’industrie touristique ne réussit pas à prendre sont envolent avec un réseau de transport mieux adapter, l’investissement servira à desservir les communautés du nord ou encore à l’industrie minière.
    Guillaume Morin

  • dudemaine, andré

    Pour attirer les touristes francais en juin à Montréal, on a prétendu qu’il fallait déplacer les Francofolies de leur emplacement traditionnel du mois aoüt vers le mois de juin. En faisant celà, on menace la survie du principal événement culturel et artistiques des Premières Nations au Québec., le festival Présence autochtone. Quand on sait d’une part, que le touriste français est particulièrement friand de produits amérindiens et que Présence autochtone est reconnue pour sa gestion exemplaire et la qualité de ses événements, force est de constater que nous sommes devant un problème structurel.
    Il est évidentquie le potentiel touristique d’un festival centré sur les cultures premièeres des Amériques dépassen nettement celui des Francofolies qui ont un vis-à-vis dans l’Hexagone: les Francofolies de La Rochelle, un endroit où le Françcais amateur de chansons françaises se rendra naturellement, plutôt qu’à Montréal.
    Les Premières Nations alors même qu’elles pourraient jouer un rôle moteur dans le développement touristioque sont systématiquement rejetées dans l’ombre. Ou dans les zones éloignées.
    Cherchez l’erreur

2 commentaires »

  1. Pour attirer les touristes francais en juin à Montréal, on a prétendu qu’il fallait déplacer les Francofolies de leur emplacement traditionnel du mois aoüt vers le mois de juin. En faisant celà, on menace la survie du principal événement culturel et artistiques des Premières Nations au Québec., le festival Présence autochtone. Quand on sait d’une part, que le touriste français est particulièrement friand de produits amérindiens et que Présence autochtone est reconnue pour sa gestion exemplaire et la qualité de ses événements, force est de constater que nous sommes devant un problème structurel.
    Il est évidentquie le potentiel touristique d’un festival centré sur les cultures premièeres des Amériques dépassen nettement celui des Francofolies qui ont un vis-à-vis dans l’Hexagone: les Francofolies de La Rochelle, un endroit où le Françcais amateur de chansons françaises se rendra naturellement, plutôt qu’à Montréal.
    Les Premières Nations alors même qu’elles pourraient jouer un rôle moteur dans le développement touristioque sont systématiquement rejetées dans l’ombre. Ou dans les zones éloignées.
    Cherchez l’erreur

    Comment par dudemaine, andré — 31 août 2009 @ 13 h 45 min

  2. Le tourisme nordique a encore beaucoup de croute à manger avant de pouvoir prendre son envol. Pour avoir fait des aventures telles que la descente de la rivière Magpie, de la rivière Moisie et récemment la rivière Aguanus sur la Côte-Nord du Québec, je peux affirmer que ces territoires sont réservés à une certaine élite sportive. La difficulté, de vivre et de circuler dans ces territoires limite le marché touristique à une poignée d’adeptes autonomes sans besoin d’encadrement touristique. Dans ces conditions, il est difficile de construire une industrie reposant sur un encadrement humain et authentique.
    Pour donner une chance à l’industrie, il faut investir dans les structures d’accès. Le transport est le secteur touristique qui freine le plus le développement. La flotte d’avion de brousse n’a pas été renouvelée depuis les années soixante-dix. L’offre est limitée par le coût astronomique des appareils qui ne sont plus fabriqués depuis trente ans, rendant ainsi les destinations Nordique non compétitive sur les marchés mondiaux. Le tourisme canadien semble se frapper à un produit d’aventure romantique provenant d’une autre époque.
    Les gouvernements sont prêts à investir dans les ports d’escale, pourquoi pas dans notre aviation de brousse? Pour une fois, si l’industrie touristique ne réussit pas à prendre sont envolent avec un réseau de transport mieux adapter, l’investissement servira à desservir les communautés du nord ou encore à l’industrie minière.
    Guillaume Morin

    Comment par Guillaume Morin — 10 octobre 2009 @ 15 h 23 min

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